"Convite para uma chávena de chá de jasmim"


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segunda-feira, 26 de novembro de 2007

Ionesco: 26.11.1909

Nous sommes prisonniers à la fois de nos cultures et de nos organismes, et il faudrait chercher, s'il y en a, des vérités plus profondes, des au-delà de cela.

28.03.1994

Ionesco: ...Ich reise ab. Ich reise gerne ab.

Wickert: Gibt es einen psychologischen Grund, warum sie so gerne abreisen, einfach weggehen?

Ionesco: Ja, das ist eine psychologische Frage. Ich habe einfach Lust, anderswo hinzugehen, zu fliehen. Wenn ich zu Hause bleibe, habe ich den Eindruck, daß mir größere Gefahren drohen, als wenn ich herumreise. Ich liebe das Abreisen. Ein französischer Dichter hat gesagt, Abschied nehmen heißt ein wenig sterben. Ich sehe das umgekehrt: Weggehen heißt ein wenig leben. Also reise ich ab.


Wickert: Ist es Ihnen eigentlich egal, wohin sie reisen. Ist nur wichtig, daß sie reisen?

Ionesco: Einfach abreisen, neue Orte kennenlernen. Es macht mir Freude, Menschen zu begegnen. Ich unternehme viel, sehe mir Ausstellungen an, schreibe auch in einem Hotel in St. Gallen, lerne Menschen, lerne neues kennen. Ich habe das Gefühl, wenn ich auf Reisen bin, daß die Welt neu wird, ganz frisch, jungfräulich. Immer bin ich auf der Suche nach der neuen Welt.. Ärgerlich ist nur, daß man nichts neues mehr entdeckt.
Ich war einmal in Israel, da fragte mich der Landwirtschaftsminister, der gegen die Wüste ankämpfte, um etwas Land zu gewinnen: 'Was hat Ihnen hier in Israel am meisten gefallen?' Ich habe dem Minister ganz dumm geantwortet: 'Die Wüste.' In den Großstädten findet man die Wüste, aber eine lärmende Wüste. Ich suche eine wirkliche Wüste, die Einsamkeit.


Wickert: Warum suchen sie die Einsamkeit?
Ionesco: In der Einsamkeit finde ich den Menschen. In den Massen kann ich ihn nicht mehr finden. Es gibt Einzelgänger, die wirklich isoliert sind, und es gibt Pseudo-Einsame.


Wickert: Wo stehen sie? Welche Art von Einzelgänger sind Sie?
Ionesco: Ich versuche, ein wirklicher Einzelgänger zu sein, aber zwangsläufig bin ich es nicht. Ich stehe in Kontakt mit allen möglichen Welten, den Zeitungen und den Massenmedien. Denn, wie gesagt, das Ich ist letztlich nicht von den anderen getrennt. Es begegnet den anderen in sich selbst.



Wickert: Sind sie Pessimist?
Ionesco: Ich kann nicht behaupten, daß ich pessimistisch wäre. Ich sage nur, daß ich erstaunt und erstaunt, entsetzt und entsetzt bin. Und ich frage mich, wie lange das alles noch dauern wird. Das ist die Hölle. Die Hölle ist die Dauer. Die Hölle ist die Wiederholung. Die Hölle dauert lange, die Ewigkeit hingegen nur einen Augenblick. Die Ewigkeit ist außerhalb der Zeit.



Wickert: Da sind sie fröhlich. Sie zeigen zwar die Zerstörung der Kommunikation, der Sprache, aber sie tun es mit Spaß.
Ionesco: Ja, leichtsinnig, unbekümmert, als wäre es ganz normal. Damals war ich auch noch jung.
Wickert: Waren sie fröhlich?
Ionesco: Nein, fröhlich bin ich nie gewesen. Das Schreiben macht mich glücklich.

La rhinocérite est partout ...


" L'homme... Ne prononcez plus ce mot ! "
Dans la ville, la rhinocérite gagne peu à peu. Bérenger, venu annoncer à Jean la contamination d'un de leurs collègues, M. Boeuf, constate que son ami devient " de plus en plus vert ".

BÉRENGER.
Laissez-moi appeler le médecin, tout de même, je vous en prie.
JEAN.
Je vous l'interdis absolument. Je n'aime pas les gens têtus (Jean entre dans la chambre Bérenger recule un peu effrayé, car Jean est encore plus vert, et il parle avec beaucoup de peine Sa voix est méconnaissable.) Et alors, s'il est devenu rhinocéros de plein gré ou contre sa volonté, ça vaut peut-être mieux pour lui.
BÉRENGER.
Que dites-vous là, cher ami ? Comment pouvez-vous penser.
JEAN.
Vous voyez le mal partout. Puisque ça lui fait plaisir de devenir rhinocéros, puisque ça lui fait plaisir ! Il n'y a rien d'extraordinaire à cela.
BÉRENGER.
Évidemment, il n'y a rien d'extraordinaire à cela. Pourtant, je doute que ça lui fasse tellement plaisir.
JEAN.
Et pourquoi donc ?
BÉRENGER.
Il m'est difficile de dire pourquoi. Ça se comprend.
JEAN.
Je vous dis que ce n'est pas si mal que ça ! Après tout, les rhinocéros sont des créatures comme nous, qui ont droit à la vie au même titre que nous !

BÉRENGER.
À condition qu'elles ne détruisent pas la nôtre. Vous rendez-vous compte de la différence de mentalité ?
JEAN, allant et venant dans la pièce, entrant dans la salle de bains, et sortant.
Pensez-vous que la nôtre soit préférable ?
BÉRENGER.
Tout de même, nous avons notre morale à nous, que je juge incompatible avec celle de ces animaux.
JEAN.
La morale! Parlons-en de la morale, j'en ai assez de la morale, elle est belle la morale ! Il faut dépasser la morale.

BÉRENGER.
Que mettriez-vous à la place ?
JEAN, même jeu.
La nature !
BÉRENGER.
La nature ?
JEAN, même jeu.
La nature a ses lois. La morale est antinaturelle.
BÉRENGER.
Si je comprends, vous voulez remplacer la loi morale par la loi de la jungle!
JEAN.
J'y vivrai, j'y vivrai.
BÉRENGER.
Cela se dit. Mais dans le fond, personne...
JEAN, l'interrompant, et allant et venant.
Il faut reconstituer les fondements de notre vie. Il faut retourner à l'intégrité primordiale.
BÉRENGER.
Je ne suis pas du tout d'accord avec vous.
JEAN, soufflant bruyamment.
Je veux respirer.
BÉRENGER.
Réfléchissez, voyons, vous vous rendez bien compte que nous avons une philosophie que ces animaux n'ont pas, un système de valeurs irremplaçable. Des siècles de civilisation humaine l'ont bâti!…
JEAN, toujours dans la salle de bains.
Démolissons tout cela, on s'en portera mieux.
BÉRENGER.
Je ne vous prends pas au sérieux. Vous plaisantez, vous faites de la poésie.
JEAN.
Brrr...
(Il barrit presque.)
BÉRENGER.
Je ne savais pas que vous étiez poète.
JEAN, (Il sort de la salle de bains.)
Brrr...
(Il barrit de nouveau.)
BÉRENGER.
Je vous connais trop bien pour croire que c'est là votre pensée profonde. Car, vous le savez aussi bien que moi, l'homme...
JEAN, l'interrompant.
L'homme... Ne prononcez plus ce mot !

BÉRENGER.
Je veux dire l'être humain, l'humanisme…
JEAN.
L'humanisme est périmé! Vous êtes un vieux sentimental ridicule (Il entre dans la salle de bains.)
BÉRENGER.
Enfin, tout de même, l'esprit...
JEAN, dans la salle de bains.
Des clichés! vous me racontez des bêtises.

BÉRENGER.
Des bêtises !
JEAN, de la salle de bains, d'une voix très rauque difficilement compréhensible.
Absolument
.
BÉRENGER.
Je suis étonné de vous entendre dire cela, mon cher Jean! Perdez-vous la tête ? Enfin, aimeriez-vous être rhinocéros ?
JEAN.
Pourquoi pas ! Je n'ai pas vos préjugés
.
BÉRENGER.
Parlez plus distinctement. Je ne comprends pas. Vous articulez mal.
JEAN, toujours de la salle de bains.
Ouvrez vos oreilles !
BÉRENGER.
Comment ?
JEAN.
Ouvrez vos oreilles. J'ai dit, pourquoi ne pas être un rhinocéros? J'aime les changements.
BÉRENGER.
De telles affirmations venant de votre part... (Bérenger s'interrompt, car Jean fait une apparition effrayante. En effet, Jean est devenu tout à fait vert. La bosse de son front est presque devenue une corne de rhinocéros.) Oh! vous semblez vraiment perdre la tête (Jean se précipite vers son lit, jette les couvertures par terre, prononce des paroles furieuses et incompréhensibles, fait entendre des sons inouïs.) Mais ne soyez pas si furieux, calmez-vous ! Je ne vous reconnais plus.


Eugène Ionesco: Rhinocéros (1959)